Get Inspired

My Books

Travel Guides

About Me

Top
  >  Espagne   >  Madrid   >  #HistoiresExpatriées : Lavapies, quartier cosmopolite de Madrid

L’odeur de l’encens, les émanations de curry, les rires des enfants, la résonance des djembés, les couleurs des boubous, la barbe des hipsters, l’entrechoc des bouteilles de bières, la lente marche des retraités, l’arôme de la marijuana, les cris des junkies, les couleurs des graffitis, le brouhaha des millenials, la fluidité des djellabas, les discussions des commères, la texture des ponchos, la musique punk, l’effluve du café… Lavapiés, c’est tout ça et bien plus.

J’habite depuis plus d’un an dans ce quartier. L’Indian district, comme il est appelé pour la quantité de restaurants indiens qui s’y trouvent (ils sont en majorité tenus par des Bengalis, en fait), est aussi le quartier cosmopolite de la ville (plus de 88 nationalités y vivent) et un des quartiers les plus castizos (entendez typique) de Madrid.

1. Un peu d’histoire

Lavapiés fut un temps le quartier juif de Madrid. La synagogue était alors le lieu de réunion de toute la zone. Puis, les Juifs ont été expulsés et certains se sont vus obligés de se convertir au catholicisme.

De cette époque, vient son nom. Il se dit que sur la place centrale du quartier, il y avait une fontaine où les Juifs se lavait les pieds avant d’aller prier. Lavapiés étant littéralement Lavepieds.

Par la suite, on laissa le quartier à son propre sort : à l’abandon donc. Un abandon qui s’accrût après la Guerre Civile.

Lavapies

Photo : artedemadrid.wordpress.com

Durant les années 80, les jeunes ont commencé à y venir pour monter des projets sociaux et communautaires. Une caractéristique du quartier qui est encore plus forte aujourd’hui. Puis, les immigrés décidèrent de venir y vivre. Le quartier a aussi attiré de nombreux drogués. Immigration + drogue = mauvaise réputation. Une vision injuste du quartier mais réelle.

Ces dernières années, beaucoup ont œuvré pour en faire une zone agréable avec une offre culturelle importante où le vivre ensemble a tout son sens.

2. La culture dans chaque rue

Le mélange de nationalités fait de Lavapiés, un quartier riche culturellement. Mexicain, sénégalais, asturiano, indien… On peut goûter à un nombre impressionnant de gastronomie.

Les habitants du quartier, espagnols ou pas, sont aussi de véritables représentants de leurs cultures respectives grâce à leurs accents, tenues vestimentaires, histoires… Vivre à Lavapiés, c’est pouvoir observer un réel mélange de cultures depuis sa fenêtre.

Photo : 20minutos.es

Photo : MAD intercultural

On y retrouve également des dizaines de théatres, proposant des oeuvres grand public, avec des acteurs connus, comme des oeuvres plus intimistes crées par les compagnies du quartier. De nombreux concerts et expositions sont aussi régulièrement organisés.

C’est aussi un lieu où le street art a toute sa place. De nombreux murs du quartier sont recouverts de graffitis, le plus souvent magnifiques et colorés.

20160716_152706

20161015_155009

20161015_161332

3. Le danger de la gentifrication

J’adore Madrid. C’est une ville remplie de quartiers tous aussi géniaux les uns que les autres, que ce soit au centre-ville, comme à l’extérieur. Cependant, après plus d’un an à Lavapíes, je ne me vois pas vivre ailleurs. Ses allures de village où les voisins se saluent dans la rue, s’aident à porter les courses ou se rejoignent dans les bars, ses odeurs de cuisine du monde, ses rires, ses cris, ses mots en différentes langues… me manqueraient trop.

20170331_075501-2

20161016_160939

20161029_151409

20161016_153157

Mais j’aurais sûrement pas le choix, ses nouveaux habitants et leurs pouvoirs d’achat élevés, les appartements touristiques, son trop grand attrait touristique et Airbnb ont fait grimper les prix d’une manière vertigineuse ces derniers mois et ont commencé à chasser ses habitants, los de toda la vida. La gentrification n’est pas un phénomène nouveau et touche de nombreuses villes mais les mairies ne semblent pas vraiment s’y intéresser. Du coup, trouver un appartement à un prix correct relève du parcours du combattant et moi, qui aspire à avoir mon chez moi et mon chien, devra bientôt quitter ma minuscule chambre dans ma collocation et inexorablement mon quartier, Lavapiés.

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie.

 

Comments:

  • novembre 15, 2017

    Jolie description, le quartier donne très envie !

    reply...
  • Curiosity Escapes

    novembre 15, 2017

    La façon dont tu décris ton quartier, on sent qu’il est plein de vie et de dynamisme. Et les oeuvres de street art, jolies et colorées, chapeau. Vraiment dommage que les autorités ne font rien pour protéger les habitants du phénomène AirBnB. Malheureusement Madrid n’est pas la seule touchée.

    reply...
  • novembre 16, 2017

    Je suis d’accord avec Jeromine, ta description du quartier donne vraiment envie d’y faire un tour !
    J’adore ce type de quartier avec une vraie histoire, plein de gens différents, etc. Ca donne très très envie ! 🙂

    reply...
  • novembre 16, 2017

    Oh lala ! Je suis sûre que j’adorerais ce quartier plein de couleurs, d’odeurs (ah la cuisine indienne), de musique, de street art… c’est tout ce que j’aime ! Je suis allée à Madrid il y a quelques mois mais je n’ai eu qu’une seule journée complète sur place donc pas assez pour tout voir. La prochaine fois je te dirai et si t’es partante j’aimerais bien visiter ton quartier 😉

    reply...
  • cookieetattila

    novembre 18, 2017

    Ce quartier a l’air très vivant, un joli mix de tout. Par contre, j’ai l’impression que ça doit être bruyant avec autant de vie dans les rues. J’aurai du mal avec mes petites oreilles sensibles. J’essaierai de me rappeler de l’existence de ce quartier le jour où je visiterai Madrid!
    Airbnb… Même problème à Prague.

    reply...
  • novembre 18, 2017

    On observe ce phénomène de plus en plus dans les grandes villes ces dernières années. Je me souviens qu’a l’époque en arrivant a Londres, j’ai vécu a Tooting Bec, c’était pas tendance du tout a l’époque et apparemment maintenant c’est un peu « the place to be » par contre les loyers ont beaucoup augmente. D’ailleurs c’est une des raisons pour lesquelles j’ai quitte Londres: quand on realise qu’on ne pourra jamais avoir son chez soi… Mais ton quartier a l’air sympa en tout cas 🙂

    reply...
  • L.

    novembre 23, 2017

    C’est vraiment terrible ce problème d’Airbnb et cie, et je n’imagine même pas quand on habite là depuis des années voire des générations… En tout cas on sent un réel attachement à ton quartier. Il est vraiment loin de l’image touristique de Madrid et je crois qu’il m’aurait bien plu si j’y étais passée durant mon séjour il y a quelques années !

    reply...
  • Lucie - L'occhio di Lucie

    novembre 28, 2017

    Dès la première phrase ton quartier m’a séduite… et sur la fin je retrouve les mêmes préoccupations que j’éprouve moi-même dans mon quartier vénitien ! C’est un véritable défi pour la majorité des villes et pourtant il ne semble pas être pris au sérieux.

    reply...

post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.