bonsvoyagesetc@hotmail.com

#HistoiresExpatriées : L’espagnol, ma langue d’adoption

#HistoiresExpatriées : L’espagnol, ma langue d’adoption

Je me souviens du jour où j’ai eu envie d’apprendre l’Espagnol. C’était en mai, je regardais Canal+, Le Grand Journal, je crois. Penelope Cruz et Pedro Almodovar apparaissent sur l’écran de mon vieil Acer. Après, quelques minutes à les écouter, je me dis que l’espagnol est vraiment une langue magnifique. C’est comme ça, qu’en l’espace de 2 minutes, l’apprendre est devenu mon nouvel objectif. 8 mois plus tard, je suis en Espagne grâce au programme Erasmus.

6 mois à Bilbao

Dans l’Eurolines qui m’emmène à Bilbao, je commence à flipper. Mes connaissance en espagnol se résume à « ¡Hola! ¿Qué tal? » et je m’apprête à vivre ici tout le trimestre et surtout à étudier ici. Mais le destin fait bien les choses et à ma descente du bus, un mec bourré vient me parler. J’ai bien dû faire l’effort de baragouiner 2-3 mots et la peur s’est envolée.

S’en est suivi 5 mois d’immersion totale. Chez moi, mes collocs voulaient à tout prix apprendre l’espagnol donc on ne parlait que ça. Puis, à la fac, je suivais tous mes cours dans la langue de Cervantes. La majorité de mes amis étaient basques ou sud américains. Alors en trois mois, je parlais. Mal, mais je parlais et personne ne me ménageait. C’est ce qui m’a fait progresser très rapidement. Puis, j’ai rencontré un basque et c’est vrai ce qu’on dit : une langue, ça s’apprend aussi sur l’oreiller.

Espagnol et euskera

Bilbao, c’est le Pays Basque et il y a deux langues officielles : l’espagnol et l’euskera. C’est assez rare d’entendre du basque dans les rues de Bilbao mais c’est drôle car plein de mots sont utilisés même quand on parle espagnol. Ainsi, personne ne dit « madre » mais on dit « ama« , on utilise pas le mot « escuela » ou « colegio » mais plutôt « ikastola« . Et quand on quitte quelqu’un, c’est « agur » qu’il faut dire. Depuis, plus de 2 ans, je suis retournée vivre à Madrid et ça me manque de ne plus pouvoir dire tous ces mots basques.

L’espagnol d’Espagne et l’espagnol d’ailleurs

À l’instar de l’euskera qui s’immisce dans l’espagnol, chaque zone d’Espagne, chaque pays hispanophone, en plus d’avoir son propre accent, a aussi ses propres mots. C’est ce que j’aime de l’espagnol. C’est une langue extrêmement riche avec un vocabulaire très ample. Par exemple, en Espagne, il existe pas moins de 21 mots pour demander une bière.

En voyage ou lorsque l’on a des amis de plusieurs pays, c’est très drôle de voir nos différences de vocabulaire d’un coin à l’autre et il faut franchement avoir une bonne mémoire. Un exemple, comment dit-on « cool » en espagnol ?

  • España : guay
  • Colombia : chévere
  • Chile : bacan
  • Argentina : grosso
  • México : chido

Et ça crée des moments plutôt drôles quand tu voyages. J’étais au Mexique, l’année dernière et je disais gaiement le mot « majo/a » à chaque fois que je rencontrais quelqu’un de sympathique, sauf qu’au Mexique ce mot n’existe pas et je voyais bien l’interrogation que je semais dans les yeux de mon interlocuteur.

Les différences avec le français

Tout le monde pense que l’espagnol est une langue facile si l’on est français, je n’ai jamais été d’accord. Oui, c’est facile si l’on veut juste pouvoir se débrouiller mais pas si l’on veut maîtriser la langue. Pour les différences de mot d’une région ou d’un pays à l’autre mais aussi pour la conjugaison car ils utilisent beaucoup plus de temps grammaticaux que nous et aussi pour le nombre de mots synonymes qu’il existe.

Autre différence, l’Espagnol est beaucoup plus direct que le français. Ici, on tutoie, on utilise beaucoup l’impératif, on utilise moins souvent les « merci » et « pardon » et on y va pas par 4 chemins pour se dire les choses. Et puis, on insulte facilement surtout dans le nord, même si on parle à des amis ou à sa famille mais personne ne prend ça mal. Et ça, ça surprend énormément !!!!

Les différences avec mon français

Bien que je vive ici depuis plus de 7 ans, je ne me suis pas encore appropríee la langue à 100€ même si je pense et rêve en espagnol et que je le parle 95% du temps. Et je m’en rends compte quand j’aborde certains sujets. Le sexe, par exemple, ici je suis bien plus directe et vulgaire que je ne le serai en français, sûrement car je ne ressens pas les mots de la même manière et car je suis moins timide en espagnol.

Même chose pour les sentiments, les positifs je veux dire. Ici, j’ai aucun mal à me dévoiler et à dire à quelqu’un que je l’apprécie ou l’aime. En français, ça me demande un effort sur-humain et ça me rend très mal à l’aise.

Je conclurai juste en disant qu’après tant d’années ici, je suis toujours amoureuse de l’espagnol qui pour moi est la plus belle langue du monde (et la plus sexy, j’ai une obsession avec la zeta, le « z ».) et je préfère parler cette langue plutôt que parler français, ça m’est plus facile. Bizarre, non ?

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog OcchioDiLucie.
Ce thème a été proposé par Estelle, du blog Curiosity Escapes, la marraine de ce mois.

Cet article a 6 commentaires

  1. C’est super intéressant ! J’ai une histoire d’amour/haine avec l’espagnol… Mes parents m’ont forcée et ont cru qu’à peine sortie de 4e je pourrais tout gérer (on y allait en vacances). Mais j’avais 13 ans et pas la maturité.. ni le niveau de langue ! Donc j’ai fait un blocage, j’ai eu des profs nuls, j’ai arrêté après le bac mais 6-7 ans plus tard j’y suis retournée en vacances et j’ai eu un déclic, moi qui n’avais jamais pu aligner trois mots à l’oral. Mes parents vont dans la région de Murcia en vacances maintenant, un accent réputé assez « paysan » avec la chute des s mais je les trouve compréhensibles. J’ai failli aller vivre en Espagne il y a deux ans pour enfin maîtriser correctement mais je suis restée en France finalement. Dans une autre vie !

    1. Je comprends. C’est dingue comme un mauvais prof peut provoquer un dégoût pour une langue. Plus la pression des parents (qui le font pas exprès), ça aide pas. En tout cas, il n’est jamais trop tard !! Peut-être que dans 10 ans, tu parleras espagnol couramment. Who knows ? Je suis comme toi, mes potes espagnols me disent qu’ils ont toujours du mal avec les espagnols du sud alors que moi, je les comprends sans problème. Lol.

  2. C’est chouette ça de se souvenir du moment exact où l’on a eu envie d’apprendre une langue, ou d’apprendre, de réaliser quelque chose en particulier ! En tout cas je suis admirative des parcours comme le tien qui prouve que oui, après quelques mois d’immersion, on peut parler la langue : j’aurais aimé que ça soit mon cas mais je crois que c’est mal parti ! C’est amusant aussi cette manière de parler différemment suivant la langue, je m’en rends compte en anglais, je suis bien plus directe et m’embarrasse bien moins de manière qu’en français où je pèse chacun de mes mots : j’ai n’ai pas ce luxe dans une autre langue d’avoir un vocabulaire très élargi alors je fais au plus simple !

    1. Oui, je pense vraiment qu’avec l’immersion, ça peut aller super vite. Et c’est jamais trop tard, hein ! Tu es peut-être mal partie mais je pense qu’au final, chacun a sa propre méthode pour apprendre une langue et je ne doute pas que tu vas y arriver !!! C’est vrai que c’est drôle le changement de personnalité suivant la langue. Moi, je pense que mes amies françaises ne me reconnaissent pas quand elles viennent me rendre visite en Espagne^^

  3. C’est toujours intéressant de connaître les variations linguistiques d’un même mot. J’ai beaucoup aimé ton article mais je dois te contredire, la plus belle langue, c’est l’anglais ! 😀 xx

    1. Hahahahaha ! Bon, je maintiens que l’espagnol, c’est plus joli, même si j’adore énormément l’anglais 😉 En tout cas, je suis contente que tu aies aimé mon article 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu